Le droit individuel à la formation - DIF

(Accord du 7 avril 2005 étendu le 12 avril 2006)

 

  

:: Objectif

 

Le DIF permet au salarié de se constituer un crédit d’heures de formation (20 heures par an) à utiliser à son initiative après accord de son employeur. 

 

:: Public

 

- Tout salarié en CDI ayant une ancienneté d’un 1 an  minimum dans l’entreprise.

- Tout salarié en CDD ayant une ancienneté minimum de 4 mois, consécutifs ou non au cours des 12 derniers mois.

 

Les salariés titulaires d’un contrat d’apprentissage ou d’un contrat de professionnalisation sont exclus du bénéfice du DIF.

 

:: Durée du crédit d’heures attribuées à la formation

 

Pour les salariés :

 

- En CDI à temps complet : 20 heures par année civile.

- En CDI à temps partiel dont la durée du travail est au minimum à 4/5ème de la durée légale : 20 heures de DIF par année civile.

- En CDI à temps partiel : DIF calculé au prorata de son temps de travail par rapport à la durée légale du travail (Art. L 931-20-2 et L933-1).

- En CDD : Le salarié peut bénéficier du DIF (pendant ou à l’issue, de son contrat) calculé au prorata temporis. (au 31 janvier de chaque année ou à la fin de son CDD s’il est inférieur à l’année, le salarié est informé de ces droits acquis au titre du DIF par son employeur).

 

Le DIF est cumulable sur 6 ans, soit 120 heures maximum. Au terme des 6 ans et à défaut d’utilisation en tout ou partie, le DIF reste plafonné à 120 heures.

 

Sont prises en compte pour le calcul du DIF, les périodes de suspension du contrat de travail (prévu par l’article L933-1) pour cause de :
- congé de maternité,
- congé d’adoption,
- congé de présence parentale,
- congé de soutien familial,
- congé parental d’éducation.

Et, si elles sont assimilées par la convention collective dont relève la branche à du temps effectif pour la détermination des droits à congés payés, les périodes de suspension du contrat de travail pour cause :
- de maladie,
- d’accident du travail ou de maladie professionnelle,
- de congé de paternité.


En cas d’année civile incomplète, le salarié bénéficie d’un DIF intégrant les droits acquis prorata temporis entre la date d’embauche et la fin de la première année civile. Le DIF pourra être mis en œuvre au terme de l’année civile suivant la date d’entrée du salarié (Attention : cet alinéa fait l’objet d’une exclusion dans l’arrêté d’extension du 18 oct. 2005 de l’accord du 7 janvier 2005 !).

 

Pour l’année civile 2004, les dispositions suivantes sont prises, à titre transitoire :

 

- les salariés titulaires d’un CDI à temps complet qui justifient au 1er janvier 2005, d’une année d’ancienneté dans l’entreprise, bénéficient à compter du 1er janvier 2005, d’un droit individuel à la formation de 20 heures.

- Les salariés embauchés à temps plein postérieurement au 7. 05. 2004, le droit au DIF est calculé à raison de 1,67 heure par mois d’appartenance juridique à l’entreprise et ce jusqu’au 31 12 2004.  

 

:: Mise en œuvre du DIF

 

Principe : 

- La demande de DIF se fait à l’initiative du salarié  et avec l’accord de l’employeur.

- Le choix de l’action de formation et ses modalités de réalisation sont arrêtés par accord écrit du salarié et de l’employeur éventuellement dans le cadre de l’entretien professionnel.

- Information annuelle : Chaque salarié est informé par écrit annuellement des droits acquis au titre du dispositif DIF par son employeur.

 

Demande du salarié :

Il s’agit d’une demande écrite envoyée par le salarié à son employeur par lettre recommandée avec avis de réception, 3 mois avant le début de l’action de formation souhaitée.

 

 Type d’action

 Eléments à fournir avec la demande écrite 

 

Action de formation, action de bilan de compétences ou action de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).

 

- objectifs et programme de l’action de formation retenue
- modalités de déroulement de l’action (Durée, Lieu, Dates et Horaires).
- Coût de l’action de formation.
- dénomination de l’organisme pressenti.

 

Réponse de l’employeur :

L’employeur dispose d’un délai d’un mois calendaire à compter de la réception de la demande complète pour notifier sa réponse au salarié. L’absence de réponse de l’employeur vaut acceptation du choix de l’action de formation.

 

2 possibilités :

- Accord de l’employeur : Si l’employeur accepte la demande du salarié, l’employeur et le salarié formalisent leur accord par un écrit relatif à la mise en oeuvre du DIF contenant notamment les éléments suivants :

-          Le programme de la formation,

-          L’objet, le coût, le lieu, la durée, les dates de début, de fin et les horaires de la formation

-          les modalités de réalisation (pendant, et/ou hors temps de travail)….

 

- Désaccord de l’employeur : Si l’employeur n’est pas d’accord sur le choix de l’action de formation, il refuse au salarié par un écrit motivé le suivi de l’action de formation. Le dossier peut être transféré au FONGECIF voir ci-dessous.

 

:: Transfert de la demande au FONGECIF

 

Lorsque, durant deux années civiles consécutives, le salarié et l'entreprise sont en désaccord sur le choix de l'action de formation, le salarié bénéficie de la part du FONGECIF d'une priorité d'instruction et de prise en charge financière dans le cadre d’un Congé Individuel de Formation (sous réserve que cette action corresponde aux priorités et critères définis par le FONGECIF).

 

Dans ce cas, l’employeur est tenu de verser à cet organisme le montant de l’allocation de formation correspondant aux droits acquis par le salarié au titre du DIF, ainsi que les frais de formation calculés sur la base du remboursement forfaitaire horaire attaché au contrat de professionnalisation soit : 10 € ou 15 €.

 

:: Organisation de la formation

 

Ces actions de formation se déroulent en dehors temps de travail sauf accord entre le salarié et l’employeur pour qu’elles s’exercent en tout ou partie pendant le temps de travail.

 

Le DIF peut s’articuler avec le plan de formation et la période de professionnalisation.

 

Ce droit a pour objectifs prioritaires :


- L’initiation et le perfectionnement à la langue française (lutte contre l’illettrisme),
- L’acquisition ou l’élargissement d’une qualification relevant de la branche professionnelle,
- Des actions de formation correspondant à une reconnaissance professionnelle paritaire ou un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) figurant dans la liste étable par la CPNEFP compétente pour le secteur d’activité,
- Des actions de bilan de compétences,
- Des actions de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).

 

:: Utilisation du DIF en cas de licenciement ou de démission

 

- En cas de licenciement du salarié sauf cas de faute grave ou lourde. Le salarié peut demander, avant la fin de son préavis, à ce que le montant de l’allocation de formation correspondant aux heures acquises au titre du DIF et n’ayant pas été utilisées soit consacré au financement de tout ou partie d’une action de bilan de compétences, de VAE ou de formation.

 

A défaut d’une telle demande le montant correspondant au DIF n’est pas dû par l’employeur. L’employeur précise dans la lettre de notification du licenciement les droits acquis par le salarié au titre du DIF et la possibilité offerte au salarié de faire sa demande avant la fin du préavis.

 

- En cas de démission : l’action de formation, de bilan de compétences ou de VAE dans le cadre du cadre du DIF devra être engagée avant la fin du délai-congé.

 

- En cas de départ en retraite : les droits acquis au titre du DIF ne sont pas transférables.

 

:: Transférabilté

 

Le salarié conserve chez son nouvel employeur, les heures acquises, avant sa mutation, au titre du droit individuel à la formation en cas de :

 

- Transfert d’un salarié entre deux entreprises entrant dans le champ d’application d’un même accord de groupe.

Ou à défaut d’un tel accord,

- Mutation d’un salarié dans une entreprise appartenant au même groupe au sens de l’article L. 439-1 du code du Travail.

 

:: Financement du DIF

 

1- Pour les salariés en CDI :

 

Prise en charge par l’AGEFAFORIA : Les actions du DIF qui seront financées doivent correspondre aux caractéristiques définies dans les accords de branches (20h par an + priorités de formation).

 

L’AGEFAFORIA prend en charge les coûts pédagogiques réels des actions réalisées dans le cadre du DIF dans la limite d’un plafond sur la base des règles (Décision du Conseil d’administration du 2 juillet 2007) définies ci-dessous :

 

• Pour les entreprises de plus de 10 salariés :

 

Tableau de prise en charge du DIF pour les entreprises de plus de 10 salariés

 

 

APPLICATION DES ACCORDS CONCLUS

APPLICATION DE LA LOI

 

(hors accord conclu ou

hors parution d’arrêté d’extension)

 

DIF PRIORITAIRE

DIF NON PRIORITAIRE

DIF SANS PRIORITE

 

 

 

 

0,50 % professionnalisation

Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra (groupe composé de 5 stagiaires minimum).
 

Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra.
 

0,30 %  Plan conventionnel

 

Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra.

 

 

Plan volontaire et reliquat 

 

 Allocation formation

 Allocation formation

 Allocation formation

 Salaires et charges

 Salaires et charges

 Salaires et charges

 

 Frais déplacement stagiaire

 

 Coût pédagogique réels

 Frais déplacement stagiaire

 

 Frais hébergement stagiaire

 Frais déplacement

 stagiaire

 Frais hébergement stagiaire

 

 

 Frais hébergement

 stagiaire

 

 

 

• Pour les entreprises de moins de 10 salariés :

 

Tableau de prise en charge du DIF pour les entreprises de moins de 10 salariés

 

 

APPLICATION DES ACCORDS CONCLUS

APPLICATION DE LA LOI

 

(hors accord conclu ou

hors parution d’arrêté d’extension)

 

 

 

 

DIF PRIORITAIRE

DIF NON PRIORITAIRE

DIF SANS PRIORITE

 

 

 

0,15 % professionnalisation

Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra (groupe composé de 5 stagiaires minimum).
 

 

 Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra.
 

 

 

 

 

0,40 Plan conventionnel

 Allocation formation

Coûts pédagogiques réels (qu’il s’agisse d’action de formation ou de prestation d’accompagnement et de suivi imputables) plafonnés :

- 780 € HT par jour et par stagiaire pour les stages Inter,

- 1.640 € HT par jour pour les stages Intra.
 

 Allocation formation 

 (suivant critères de la
commission)

 Frais déplacement stagiaire

 Frais déplacement stagiaire **

 Frais déplacement stagiaire

 

 Frais hébergement stagiaire

 Frais hébergement stagiaire **

 Frais hébergement stagiaire

 

 

 Allocation formation

 

** Seulement pour les stages "tirage pression"

 

Ce financement est  plafonné sur la base d’un montant annuel maximum défini comme suit :

 

• Les entreprises ayant versé leurs contributions au titre de la seule année 2007 peuvent bénéficier d’un montant maximum de prise en charge annuel de 2000 €.
• Les entreprises ayant effectué des versements au minimum sur les deux années antérieures (2006 et 2007) peuvent bénéficier d’un montant de prise en charge annuel variable en fonction des financements obtenus sur les deux dernières années (2006-2007) :
Tableau des plafonds annuels applicables.

 

2- Pour les salariés licenciés (sauf pour faute lourde ou grave) :

 

En l’absence de décision complémentaire du Conseil d’Administration de l’AGEFAFORIA, nous appliquons les modalités de calcul de la prise en charge prévue par l’ANI et la loi du 4 mai 2004.

 

L’employeur doit verser, au prestataire, le montant de l’allocation de formation correspondant aux heures acquises au titre du DIF et qui n’ont pas été utilisées. Cette somme est calculée sur la base du salaire net perçu par le salarié avant son départ de l’entreprise (Exemple : salaire net horaire de 15€, 20 heures de DIF, l’entreprise est tenue de mettre à la disposition du salarié une somme égale à : 50% X 15€ X 20heures = 150€). Cette somme sert à financer tout ou partie des actions de formation, de bilan ou de VAE (elle ne doit pas être versée directement au salarié).

 

3- Pour les salariés licenciés économique :

 

Dans le cadre d’un licenciement  économique,  les entreprises mettent en place un Plan de Sauvegarde de l’emploi (PSE) :

 

- celles de moins de 1 000 salariés concluent des conventions de reclassement personnalisé (CRP) qui permettent aux salariés de bénéficier, après la rupture du contrat de travail, d’actions d’évaluation des compétences et de formation destinées à favoriser le reclassement, financées notamment sur le reliquat des droits que le salarié a acquis au titre du DIF. Ce reliquat est doublé.  L’employeur verse alors au ASSEDIC le montant de l’allocation de formation correspondant aux heures acquises au titre du DIF et qui n’ont pas été utilisées. Cette somme est calculée sur la base du salaire net perçu par le salarié avant son départ de l’entreprise. Ce montant n’est plus pris en charge par l’AGEFAFORIA (A partir du 13 sept. 2007).  L’Etat prend en charge le doublement du DIF.  Dans certains bassins d’emploi des Contrats de transition professionnelle (CTP) sont prévus.

 

- Celles de plus de 1000 salariés mettent en place des congés de reclassement. Les salariés en congé de reclassement conservent leur statut de salariés. Ils peuvent donc faire valoir leur droit à DIF pendant toute la durée du congé de reclassement.

 

4- Pour les salariés démissionnaires :

Les règles de prise en charge sont les mêmes que pour les salariés en poste (CDI) : voir rubrique « Financement du DIF » ci-dessus.

 

5- Pour les salariés en CDD : 

Le financement du DIF pour les salariés en CDD est pris en charge par les FONGECIF (Article du code du travail L 931-20-2).

 

:: Demande de prise en charge

 

Afin de prendre en compte votre demande de financement des actions au titre du DIF nous vous proposons d’établir  une demande de prise en charge et de l’adresser à votre entité régionale AGEFAFORIA.


- Formulaire de demande de prise en charge pour les entreprises de plus de 10 salariés :

Télécharger le formulaire de demande de prise en charge de plus de 10  (Word)

 

- Formulaire de demande de prise en charge pour les entreprises de moins de 10 salariés :

Télécharger le formulaire de demande de prise en charge de moins de 10 (Word)


Pour vous aider à remplir cette demande de prise en charge nous avons réalisé un mode d’emploi que vous pouvez télécharger ci-dessous.

Télécharger le mode d’emploi de demande de prise en charge (Word)

 

:: Rémunération

 

- Pendant le temps de travail : maintien de la rémunération (au I de l’Art. L 932-1 du code du travail).

 

- En dehors du temps de travail : allocation de formation de 50% du salaire net (au III de l’Art. L 932-1 du code du travail)

Cette allocation :

-          est à la charge de l’employeur.

-          n’est pas soumise aux cotisations patronales et salariales.

-          est imputable sur la participation de l’entreprise (Plan de formation).

 

:: Protection sociale du salarié

 

Pendant la durée de cette formation, le salarié bénéficie de la législation de la sécurité sociale relative à la protection en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

 

:: Texte de référence

 

- Accord du 7 avril 2005 sur l’accès à la formation tout au long de la vie concernant les entreprises relevant de la convention collective de l’industrie et des commerce en gros de viande (entreprises relevant de la FNEAP et de la CNTF).

Télécharger l’accord (PDF)

 

Arrêté du 12 avril 2006 portant extension de l’accord du 7 avril 2005 conclu dans le cadre de la convention collective nationale des entreprises de l'industrie et des commerces en gros des viandes (Journal Officiel du 25 avril 2006).

 

- L’Accord National Interprofessionnel signé par les partenaires sociaux le 5 décembre 2003 (étendu par arrêté du 17.12.2004, Journal Officiel du 24.12.2004).

Télécharger l’accord (PDF)

 

- La loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social a été publié le 5 mai 2004 au Journal Officiel (applicable à partir du 7 mai 2004).

Télécharger la loi (PDF)

 

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